Héritage

Créée par des designers européens.
Fabriquée par des maîtres horlogers suisses.
Pour des hommes et des femmes sensibles au style et à la qualité.
La Collection Tellus allie ainsi le savoir-faire des horlogers suisses, une élégance intemporelle et des designs novateurs pour aujourd’hui et pour demain.
Intemporelle…
La marque Tellus, d’après le nom de la déesse de la Terre et de la Fertilité, a été fondée en 1926 par Wilhelm Ulrich, puis repris par Albert Juillard, qui transféra le siège à La Chaux-de-Fonds. Dès sa création, Tellus lance une collection de montres gousset et de montres techniques, et se fit connaitre par ses mouvements manufacturés, en particulier les calibres 540B, 546 et 583D.

Tellus, officiellement certifié chronomètre, avait son label de qualité maison «UOT» pour «Uhr ohne Tadel» signifiant  «montres sans défaut». 
En 1940, les marques Tellus et Hebdomas fusionnent pour former à La Chaux de Fonds un groupe sous la direction d’Albert Juillard.
La distribution de Tellus s’étend dans les années 1960, des pays de l'Europe de l'Est, aux États-Unis et aux Caraïbes.

Récemment, TELLUS opère un formidable «come-back» en lançant le concept unique des Parenthèses créé par  Hovel CHENORHOKIAN issu d’une lignée réputés d’horlogers Arméniens.

Le temps et moi

Mon grand-père Mihran enrôlé dans l’Armée Ottomane, avant le Génocide – 1914
Mon grand-père Mihran enrôlé dans l’Armée Ottomane, avant le Génocide – 1914

Lorsque l'on me demande d'où je viens, j'hésite, j'ai besoin de quelques secondes avant de répondre. Les gens pensent : "qu'est-ce-qu'il a ce type ? Ne sait-il pas d'où il vient ?" En fait, ce n'est pas si simple et je suis toujours perplexe quant à la réponse à donner. Pour faire court et pour éviter de vous raconter toute l'histoire : je suis Français, je vis à Paris depuis trente ans. Mon père est né dans une petite ville, aujourd'hui en Turquie. Moi, je suis né au Liban, mes trois enfants à Paris. Ma famille est arménienne, ma langue maternelle est l'arménien et c'est celle que je parle avec mes enfants.
L’horlogerie est une tradition dans notre famille depuis les années trente.  La famille de mon père, rescapée du génocide arménien perpétré durant la Première Guerre Mondiale par les Turcs, s'installa au Liban. La première génération de réfugiés arméniens au Liban ou dans d'autres pays, sans bien, sans apport financier et de plus avec des difficultés pour communiquer dans  les langues de leur pays d'accueil, n'avait d'autres choix que celui des métiers manuels, devenir tailleurs, cordonniers, bijoutiers… Ces métiers étaient exercés par les garçons dès leur plus jeune âge. Ils entraient en apprentissage auprès des anciens et durant des années se formaient avant d'obtenir un quelconque salaire. Mon oncle Harout, l'aîné des frères de mon père, à l'adolescence décida de se lancer dans l'horlogerie, plus précisément dans la réparation des montres, une activité en expansion dans les années 1930-1950. Il décida de prendre auprès de lui ses autres frères, dont mon père, pour les former.

Les montres jusqu’au début du XXe siècle étaient réservées à une élite de la société, mais avec le progrès industriel, la montre devint accessible à un plus grand nombre, créant un nouveau marché. Les échoppes d'horlogers se multiplièrent, c'est ainsi que mon père sous-loua chez un tailleur quelques mètres carrés, où il réparait les montres qu'on lui apportait. Le succès fut immédiat, les gens faisaient la queue, ce qui, au vu du jeune âge de mon père, déclencha la jalousie du vieux tailleur.

La route qui mène de l'échoppe à une entreprise prend en général plusieurs générations. Dans le cas de mon père, ce fut différent. A la fin de sa carrière professionnelle, mon père était à la tête d'une société florissante qui distribuait de grandes marques de montres suisses, IWC, Blancpain, Breitling…dans le Moyen Orient. Mais la guerre civile du Liban, en 1975, plongea de nouveau notre famille dans la tourmente. Tandis que mon père perdait son entreprise, mon frère et moi fûmes contraints de nous réfugier en France où nous eûmes l'opportunité de créer une entreprise aux dimensions plus en rapport avec les standards économiques de notre nouveau pays d'adoption. Dans ces années là, l’industrie horlogère était en pleine mutation. En effet,  la fabrication de la montre "se déplaça" en Asie. La nouvelle industrie développa les montres à quartz, de moins en moins chères, transformant «la montre d’une vie» en produit de consommation courante, en accessoire de mode, donnant un nouvel élan à l'industrie horlogère. Poursuivant la tradition familiale et dans ce contexte favorable, note société installée en France, se développa jusqu'à atteindre une structure multinationale.

My parents welcoming the president C. Shamoun during an exibition of "Universal - Genève" watches in Beirut - 1955
Mes parents accueillant le président C. Chamoun pendant l’exposition de montres Universal-Genève, organisé par mon père à Beyrouth – 1955

Lorsque la mode devint le principal critère d'achat pour une montre, je constatai que souvent les femmes faisaient l'acquisition d'une montre pour la couleur de son bracelet, sa texture, sa matière. J’eus l’idée de concevoir une montre de forme attrayante qui grâce à une centaine de bracelets aux nombreuses couleurs et en matériaux divers (cuir, daim, serpent, autruche etc.) suivrait les saisons, ainsi que les humeurs et les vêtements de leur propriétaire. Certes, il existait déjà des montres aux bracelets interchangeables, mais le changement de ces bracelets restait une opération quelque peu "technique", souvent peu aisée. C'est alors que l'idée me vint de travailler sur le système de changement même, et plus particulièrement sur la trajectoire idéale que devait emprunter le bracelet pour traverser le boîtier. Le bracelet devait littéralement se "faufiler", doucement à travers les courbes du boîtier de la montre. En ce qui concernait les lignes de la montre, elles devaient épouser parfaitement la forme du poignet de la femme. C'est ainsi que le concept de moog est né.  Ce fut un tel plaisir pour moi sinon de créer, mais de renouveler le design d'une montre, au point que je continue à dessiner des montres, donnant vie à de nouvelles formes, des graphismes uniques, en sélectionnant des couleurs et des matériaux.

Imaginez changer de montre sans en changer ! Imaginez porter un jour une montre en acier inoxydable, et le lendemain porter la même montre, mais cette fois-ci en or, ou encore en chrome noir, ou bien encore, toujours la  même montre mais, cette fois-ci , pour une touche d’élégance, parsemée de diamants. C'est ce que j'ai imaginé, et créé, et que j'ai appelé «Parenthèses».

My family with composer Aram Khatchatourian(I am the youngest). - 1961
Ma famille avec le compositeur Aram Katchadourian (je suis le cadet) - 1961

Outre, son innovation technique, «Parenthèses» est une montre de caractère, unique par son design, «pure» par ses lignes. La fabrication de cette montre nécessitait une technologie de haute précision, c'est pourquoi, j'ai confié le «brevet» et la fabrication de Parenthèses à Tellus, marque suisse créé en 1942. «Parenthèse» est  la seule montre dont on peut changer le boîtier. Bon, je dois confesser. J’ai dessiné également pour Tellus la «Trium», mais c’était parce que je la souhaitais pour moi-même… La «Trium» est idéale pour moi, qui voyage beaucoup. Elle indique trois fuseaux horaires l’heure locale, l’heure à Paris, et la GMT en cycle de 24 heures.

Du plus loin que je me souvienne, j'ai toujours rêvé, imaginé. À l'âge de cinq ans, ma mère m'a conduit chez un ORL pour contrôler mon ouïe; elle avait remarqué que parfois je ne répondais pas lorsque l'on me parlait. Après examen, le docteur la rassura et suggéra que si je ne répondais pas, c'était probablement parce que j'étais dans mon monde, que je devais avoir une vie intérieure très riche. Au fil des années, à l'école, au travail, à la maison, et dans la vie en général, j'ai continué à rêvasser. Souvent, plongé dans mes pensées, je n'entends pas, je croise des gens sans les voir, absorbé que je suis à imaginer le meilleur moyen d'améliorer la fonction d'un objet, de le rendre plus aisé au maniement…c'est ainsi que je dessine toutes sortes d’objet, meuble, sac etc. Depuis des années, ces objets n'étaient que des "productions maisons" à usage personnel. Puis progressivement, à la demande d'amis, j'ai commencé à «fabriquer» d'autres exemplaires et, au final, j'ai décidé de me lancer dans une production plus importante et de vendre ces nouveaux produits sous le nom de Doon. Doon propose une collection de produits éclectiques, qui ont comme point commun d'être uniques du point de vue de leur design, d'être innovants et d'avoir comme but principal d'assurer un meilleur confort de vie.

Des idées multiples de cet ordre habitent mon esprit, en particulier le matin. C'est ainsi que l'été alors que je me rends de mon domicile à mon bureau, en vélo, le long du canal de l'Ourcq, en arrivant à Pantin je fonce à mon bureau sans prendre même le temps de me changer, pour mettre sur papier mes nouvelles idées, avant qu’elles ne disparaissent.

Ah oui, j’ai oublié de vous dire ; de surcroît,
je n’ai pas de mémoire.

Hovel Chenorhokian